Je travaille à partir de l’espace de présentation avec une série d’éléments récurrents dans ma pratique (panneaux perforés, miroirs, vidéo, actions performatives pour la caméra, son) et qui sont mobilisés pour leurs qualités spécifiques.

Ces éléments forment une sorte de lexique de mon travail – des « figures » dont le sens est dans l’efficience et qui se déploient différemment d’une situation à l’autre, d’une « idée » à l’autre. Mes installations sont ainsi composées de différentes parties qui se conjuguent entre elles, non pas dans une logique de relations stables, mais dans un système de connexions multiples où chaque aspect se replie sur tous les autres et les relance.

Mes œuvres s’appuient sur la relation entre le lieu et notre propre présence pour rendre compte d’expériences ordinaires (l’expérience de la simultanéité, du temps différé, de vues d’ensemble ou de points de vue privilégiés sur des réalités qui s’ignorent normalement (devant/derrière, ici/là-bas, avant/pendant, intérieur/extérieur)). Dans une sorte de suite évolutive où chaque proposition fait ressortir un aspect découlant de la précédente, chaque exposition est l’occasion d’explorer une nouvelle mise en espace qui influence à son tour le dispositif filmique de l’œuvre. Il ne s’agit pas de variations formelles autour d’une idée déjà cristallisée. Je travaille avec des matériaux, des idées et des principes abstraits qui s’actualisent grâce à un contexte et grâce aux dispositifs que je mets en place pour faire sens de ce contexte.

 

Le son, l’éclairage, la boucle vidéo, la captation simultanée, par exemple, m’ont permis jusqu’ici d’explorer des possibilités en vidéo qui, exposées en continuité avec le lieu d’où les images sont tirées, matérialisent notre expérience du présent et de la présence. Je cherche ainsi à créer des propositions qui complexifient ce rapport que l’on entretient avec l’environnement immédiat dans ses composantes temporelles et spatiales.

 

EN


I work from within the exhibition space, using a series of recurring elements in my practice—perforated panels, mirrors, video, performative actions for the camera, and sound—each mobilized for its specific qualities.

These elements form a kind of lexicon within my work: “figures” whose meaning lies in their efficiency, unfolding differently from one situation to another, from one “idea” to the next. My installations are composed of interrelated parts that come together not through stable or fixed relations, but through a system of multiple connections where each aspect folds back onto the others and sets them in motion again.

My works draw on the relationship between site and presence to evoke ordinary experiences—those of simultaneity, delayed time, wide perspectives, or privileged vantage points on realities that normally ignore one another (front/back, here/there, before/during, inside/outside). In a kind of evolving sequence, where each project brings forth an aspect emerging from the previous one, every exhibition becomes an opportunity to explore a new spatial configuration that, in turn, shapes the filmic apparatus of the work. These are not formal variations around a crystallized idea. I work with materials, ideas, and abstract principles that take form through context, and through the devices I design to make sense of that context.

Sound, lighting, video loops, and simultaneous capture, for instance, have allowed me to explore possibilities in video that—when exhibited in continuity with the place from which the images are drawn—materialize our experience of the present and of presence itself. Through this, I aim to create works that deepen and complicate our relationship to the immediate environment in its temporal and spatial dimensions.

 

BIO

Delphine Hébert-Marcoux vit et travaille à Québec. Elle est titulaire d'une maîtrise en arts visuels de l'Université Laval. D’abord en son, ses recherches l’ont menée à Nice dans le cadre d’un échange/résidence en art sonore à l’École nationale supérieure d’art de la Villa Arson. Elle a également eu l’occasion de participer au projet Cité Audio, un parcours sonore géolocalisé réalisé en collaboration avec le Musée national des Beaux-Arts du Québec et l’Université Laval. Développé en continuité de sa pratique en art sonore, son travail en video installation s’appuie sur l’expérience du lieu de présentation dans ses composantes spatiales et temporelles. Ses oeuvres in situ on été présenté entre autres à LA CHAMBRE BLANCHE, à la Galerie des arts visuels - exposition lauréate du Prix Videre Relève en arts visuels - et plus récemment à EISODE, lieu pour les arts génératifs à Montréal. 

Récipiendaire de bourses Première Ovation, du CALQ ainsi que de plusieurs mentions et prix académiques, Delphine Hébert-Marcoux a également été soutenu par LA CHAMBRE BLANCHE et la Fondation René-Richard (bourse de maîtrise en centre d’artiste) pour la durée de ses études au 2e cycle. Son œuvre vidéo Ensemble (2022) figure dans sa nouvelle variation parmi l’exposition permanente de la Collection Méduse.

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BIO

Delphine Hébert-Marcoux lives and works in Québec City. She holds a Master’s degree in Visual Arts from Université Laval. Initially trained in sound, her research led her to Nice for an exchange and residency in sound art at the École nationale supérieure d’art de la Villa Arson. She also took part in Cité Audio, a geolocated sound walk developed in collaboration with the Musée national des beaux-arts du Québec and Université Laval.

Building on her background in sound art, her work in video installation draws from the experience of the exhibition space, exploring its spatial and temporal dimensions. Her site-specific installations have been presented, among others, at LA CHAMBRE BLANCHE, at Galerie des arts visuels—where her exhibition received the Prix Videre Relève en arts visuels—and more recently at EISODE, a venue dedicated to generative arts in Montréal.

A recipient of Première Ovation, CALQ grants, and several academic awards and distinctions, Hébert-Marcoux was also supported by LA CHAMBRE BLANCHE and the Fondation René-Richard (Master’s scholarship in artist-run centers) throughout her graduate studies. Her video work Ensemble (2022) is now featured, in its new iteration, as part of the Collection Méduse permanent exhibition.